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Kalsoum parle de sa musique comme d’une musique engagée,  pour évoquer les problèmes de la société. Elle s’adresse aux jeunes comme elle, pour les convaincre d’agir.
Quand on écoute Kalsoum rugir, on est saisi par une sorte d’émotion primitive, il y a quelque  chose de déchirant, de viscéral dans sa voix. Le suspense nait car elle nous surprend quand sa voix va du grave  et l’atmosphère se fait sombre pour devenir un cri aigu de souffrance et on se sent happé par une envie de verser des larmes, mais elle sait nous rassurer et finir dans une voix chuchotée, sensuelle. Le public ne s’y trompe pas (enfants, ados, adultes et plus âgés) son regard s’allume aussitôt, le sourire pointe sur toutes les lèvres. Et pour ceux qui ne comprennent pas le ouolof, ils ont une envie frénétique de comprendre ses paroles.
Ce qu’on aime aussi c’est que Kalsoum chante de tout, en wolof, anglais et français: du blues, de la soul music, funk, jazz  et du rap. Elle aime le slam, et lorsqu’elle parle, on sent de la passion, un appétit de vie et une envie de faire sauter les barrières comme dans le morceau « Four walls »
Inspirée par certaines voix comme celle d’Aminata Fall, elle pourrait reprendre des morceaux déjà connus mais Kalsoum a beaucoup de chansons à elle, des textes personnels fondateurs qu’elle désire offrir au public.
Comme tant d’artistes, Kalsoum rêve de changer le monde et elle s’adresse à tous, tous les âges et tous les visages. Car elle aime la scène et le public : sa gestuelle en témoigne, le corps se cambre, se recroqueville, les bras se tendent pour se dresser vers le ciel ou vers un être invisible, un rire fuse, son regard tente de percer les mystères. L’humour n’est jamais loin avec Kalsoum. La jeune femme garde toujours un œil critique sur elle-même et sur son milieu, elle semble nous provoquer tout en gardant une certaine pudeur  et elle veut attirer notre attention sur notre fragilité.

Nathalie Chenet

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